Historique du taï chi chuan

Histoire du Taï chi chuan
 

Les premiers philosophes taoïstes comme Lao Zi (vers 500 av. J.-C.) pratiquaient une série d'activités physiques très proches du tai-chi-chuan, sous la dénomination wu-wei-wu, "agir-sans-agir". On peut lire au chapitre 69 du Tao-te-king: "On dit justement qu'il marche sans voyager, qu'il résiste sans (se servir de) bras, qu'il projette un adversaire absent, qu'il tient sans soldats." C'est ce mélange de philosophie et de techniques physiques, qui rendent ces premiers textes taoïstes si étranges aux Occidentaux.

Il existe plusieurs hypothèses sur l'origine du tai-chi-chuan en tant que tel :

Le mythe de Zhang Sanfeng

La tradition attribue l'invention du tai-chi-chuan au taoïste semi-légendaire Zhang Sanfeng, vers le début de la dynastie Ming (XIIIe-XIVe siècle). Il est écrit dans le Livre complet sur les exercices du tai-chi-chuan écrit par Yang Chengfu (1883-1936), que Zhang Sanfeng créa le tai-chi-chuan vers la fin de la Dynastie Song (960-1279) et l'a transmis à Wang Zongyue, Chen Zhoutong, Zhang Songxi et Jiang Fa. Encore plus tôt, Li Yishe (1832-1891) écrivit dans sa Brève introduction sur le tai-chi-chuan : « Le tai-chi-chuan fut fondé par Zhang Sanfeng des Song. » Zhang créa l'école intérieure (nèijia)par un syncrétisme néo-confucianiste des arts martiaux du bouddhisme Chan du temple de Shaolin et de sa maîtrise du daoyin (neigong ??) taoiste. Il s'est installé dans le temple de Wudang shan, province de Hubei, pour enseigner sa discipline.

A partir des années 1930, Tang Hao, pionnier des recherches historiques sur les arts martiaux, a soutenu l'absence de fondements historiques de la création du Tai-chi-chuan par Zhang Sanfeng. Ses conclusions furent reprises à la même époque par Xu Jedon, et sont encore validées de nos jours par les recherches historiques contemporaines.

L'hypothèse de Wang Zongyue

Wang Zongyue qui aurait vécu sous la dynastie Qing (1644-1911) occupe une place importante dans l'histoire du tai-chi-chuan et son rôle a été reconnu par les maîtres des différentes époques. Son livre A propos du tai-chi-chuan a beaucoup contribué à la propagation du nom de cette boxe. Selon le Manuel de Taijiquan de Shen Shou, publié en 1991 par l'Association chinoise de wushu, le créateur du tai-chi-chuan serait Wang Zongyue Celui-ci aurait pour la première fois exposé la théorie et les techniques du tai-chi-chuan de manière systématique. Il est consigné dans des documents que Wang Zongyue transmit le tai-chi-chuan à Jiang Fa et ce dernier le transmit à Chen Changxing, habitant du village de Chenjiagou.

L'hypothèse du village de Chenjiagou

L'appellation de cette boxe sous le vocable de « taiji quan » (boxe du faîte suprême) apparaît avec Chen Wangting vers la fin de la Dynastie Ming (1368-1644). Leurs représentants sont Tang Hao et Gu Liuxin, chercheurs de l'histoire du Wushu. M. Tang a tiré cette conclusion à la suite des investigations qu'il a menées au village de Chenjiagou, district de Wenxian, province du Henan, et en se référant aux Annales du district et au Registre généalogique de la famille Chen. Selon ce registre, Chen Wangting était « Maître de boxe de style Chen et fondateur du jeu de l'épée et de la lance ». Les différentes écoles contemporaines de tai-chi-chuan (Yang, Wu, Sun) sont originaires ou héritières de la boxe de style Chen bien que les principes de cette boxe soient bien antérieurs (ceci pour dire que cette boxe existait avant qu'elle prenne le nom de taï-chi-chuan).

Un autre registre aurait été découvert très récemment, qui démontrerait que le lieu originel du taichi ne serait pas le village de Chenjiagou, mais plutôt Tang Cun (Henan), village de la famille Li


Histoire du Tai-Chi-Chuan en France


L'un des tous premiers à avoir officiellement enseigné le Tai Ji Quan en France dans les années 60 fut le maître Sino-Vietnamien Hoang Nam qui tenait un cours à Paris. Si l'on excepte la littérature anglo-saxonne, dont les deux classiques essentiels étaient alors T'ai Chi de Cheng Man Ching et W. Smith et Fundamentals of Tai Chi Ch'uan de Wen Shan Wang, vers la même époque parut, sous la plume d'Edward Maisel et préfacé par Philippe de Méric, un ouvrage intitulé Taï Chi Chuan - La Gymnastique Chinoise - (Editions MCL Paris 1969) qui se vendit dans les maisons de régime et les boutiques diététiques.


Au tout début des années 70, Li Guanghua, élève d'un certain Luo, disciple direct de Yang Chengfu, animait un groupe dans le cadre du département de psychomotricité de l'Hôpital de la Salpétrière (expérience exceptionnelle pour l'époque !). Lié d'amitié avec Karlfried Graf Dürckheim, il initia quelques pionniers de cette discipline en France dont Ram et Jean Gortais. En 1971, fut publié le très remarquable Soins et Techniques du corps en Chine, au Japon et en Inde de Pierre Huard et Ming Wong (Berg) qui consacrait un important chapitre à cette pratique mais qui passa, à l'époque, assez inaperçu.


En 1973, parut un ouvrage de Dominique de Wespin intitulé Sur les traces du Tai Ki Tchuan (André Gérard Marabout) qui traitait en fait d'automassage, ce qui montre que le Taiji Quan était déjà un peu mis à toutes les sauces. Mais c'est en 1975 que la parution du fameux T'ai-ki k'iuan de Catherine Despeux, (collec. Mémoires de l'Institut des Hautes Etudes Chinoises), fera l'effet d'une petite bombe dans le Landerneau de la pratique. Il s'agissait originellement d'une thèse universitaire assez aride mais qui se vendit à plusieurs milliers d'exemplaires et qui fit rapidement autorité. Plusieurs versions lui succédèrent avec des remises à jour successives. Peu de temps après fut publié le Tai Ji Quan de Jean Gortais (Le Courrier du Livre) qui devint à son tour un "classique" depuis réédité. Suivirent toute une série d'ouvrages, assez inégaux. De leur côté, plusieurs Karatékas comme Roland Habersetzer et Pierre Portocarrero, firent connaître la version japonaise du taiji, le Taikyokuken de Yong Meiji (Yang Ming Shi).


A la fin des années 70, le Tai Ji Quan, sous ses multiples transcriptions et ses diverses tendances, était déjà bien implanté dans de nombreux clubs dont les célèbres MJC de quartier. En 1979, par exemple, ce fut à l'initiative de plusieurs enseignants parisiens et de province, Charles Li, Serge Dreyer, Edmond Goubet , que put être invité, pour la première fois, en France, le Maître Wang Yen- Nien de Taiwan. C'est l'époque où se dessinèrent les principaux grands courants qui se manifestent encore aujourd'hui. 

La France compte à ce jour 13 000 licenciés de Tai Ji Quan.


 
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